lundi 14 juillet 2008
U Win Tin reçoit un traitement médical pour une bronchite
14 Juillet 2008, par Democratic Voice of Burma - U Win Tin, journaliste vétéran et prisonnier politique de longue durée a reçu un traitement médical à la prison d’Insein, où il est détenu maintenant depuis 19 ans, selon un visiteur régulier.
Maung Maung Khin, un proche ami d’U Win Tin, qui visite le journaliste de 79 ans tous les 15 jours, a dit qu’on lui avait diagnostiqué une bronchite lorsqu’il avait été dernièrement admis à l’hôpital général de Rangoon.
U Maung Maung Khin a dit qu’U Win Tin se sentait désormais mieux, après avoir pris le traitement prescrit par les médecins de la prison.
Reporters sans frontières et Amnesty international ont récemment appelé à la libération d’U Win Tin ainsi qu’à un traitement médical, mais U Maung Maung Khin a déclaré qu’U Win Tin s’attendait à rester derrière les barreaux.
« Il a dit que cela faisait déjà 19 ans qu’il était là, et qu’il doutait d’être libéré avant d’avoir atteint 20 ans de prison », a déclaré U Maung Maung Khin.
« Mais il a dit que cela ne lui importait pas vraiment qu’ils le relâchent ou pas – il est toujours fermement ancré sur ses convictions. »
U Maung Maung Khin a déclaré qu’U Win Tin n’accepterait pas d’être libéré à cause de son âge, ou de sa santé. « U Win Tin a dit qu’il accepterait d’être relâché seulement pour des motifs politiques parce qu’il a été arrêté pour des motifs politiques, et qu’il n’accepterait pas que le gouvernement le relâche seulement parce qu’il était vieux ».
Pendant son temps en prison, U Win Tin a fait plusieurs appels pour libérer Aung San Suu Kyi et les autres prisonniers politiques, pour qu’une rencontre parlementaire soit organisée, et pour un dialogue entre le gouvernement et les groupes d’opposition.
Article de Htet Aung Kyaw, traduction de Sophie
vendredi 11 juillet 2008
Des milliers de Karens se cachent dans la jungle
Source The Irrawaddy, Par Saw Yan Naing, traduction de Sophie.
Illustrations choisies sur le site de Karen Human rights Group
On estime en ce moment à près de 4 000 le nombre de « personnes déplacées de l’intérieur » (IDPs) qui se cachent dans la jungle près de la commune de Hpasawng, à à peu près 94 km au sud de la capitale de l’état Karen, Loikaw, selon un groupe de secours Karen.
Daniel, un coordinateur du Karenni Social Welfare and Development Center (KSWDC), qui apporte des secours aux IDPs Karens, a déclaré à The Irrawaddy mercredi que les villageois avaient fui leurs maisons par crainte des attaques de l’armée Birmane.
“Plus de 4 000 IDPs Karens se cachent pour le moment dans la commune de Hpasawng » a déclaré Daniel, qui utilise seulement son prénom. « Cela va être très difficile pour eux si jamais ils doivent rester dans la jungle sur une longue période ».
Les bataillons d’infanterie légère (LIB) n°427, 428, et 337 patrouillent dans la région autour de Hpasawng et ont eu des heurts avec des rebels Karens dans le secteur au moins 6 fois cette année, selon des sources locales.
Certains des IDPs veulent partir pour la frontière Thai-Birmane, mais ils craignent les possibles attaques des troupes Birmanes le long du chemin, a dit Daniel.
Poe Byar Shay Reh, directeur du comité des réfugiés Karens, a déclaré que plus des 160 IDPs sont arrivés aux camps de réfugiés Karens dans la province de Thaïlandaise de Mae Hong Son depuis le début 2008.
Il a dit que jusqu’à présent, aucun des IDPs qui se cachaient pour le moment dans la jungle n’avait atteint les camps de réfugiés.
“Aucun d’entre eux n’est arrivé aux camps de réfugiés, mais nous ne savons pas s’ils vont arriver plus tard », a déclaré Poe Byar Shay Reh.
Il a ajouté que certains des IDPs Karens abrités dans les camps de réfugiés avaient fui leurs villages après avoir été accusés par l’armée Birmane et le Karenni Nationalities People’s Liberation Front de soutenir le Karenni National Progressive Party (KNPP), anti gouvernemental.
Le KNPP a signé un accord de cesser le feu avec la junte Birmane en 1995 lorsque les troupes Birmanes se sont déployées sur le territoire KNPP.
Il y a eu plusieurs tentatives infructueuses depuis pour de nouveaux pourparlers, les plus récents en 2004. Cependant, la junte a suspendu tout contact avec le groupe à la suite de l’expulsion du Premier Ministre Gen Khin Nyunt, qui a organisé un certain nombre d’accords avec les groupes rebelles ethniques.
Les operations militaires Birmanes ont forcé près de 6 000 villageois Karens à devenir les IDPs en 2007, selon une étude menée par le KSWDC.
Plus de 20 000 réfugiés Karens résident dans 2 camps de la province de Mae Hong Son, selon le Thailand-Burma Border Consortium, et le comité des réfugiés Karen.
jeudi 10 juillet 2008
La cruauté du régime de peut briser Win Tin
Source The Irrawaddy, Par YENI, traduction de Sophie Parmi les plus de 1000 prisonniers politiques de Birmanie, un homme mérite une attention particulière. Win Tin, le plus ancien prisonnier de conscience, a gagné à un niveau international le respect, le soutien et la solidarité par son courage exemplaire et son refus de céder à ses oppresseurs.
Malgré sa santé défaillante et ses 78 ans, Win Tin a d’après certaines informations décliné les offres du régime qui lui proposaient la libération en échange d’un désaveu envers tout ce dont pourquoi il a toujours combattu. Intact après près de 19 ans d’incarcération, l’éminent journaliste continue d’écrire dans sa cellule en dépit des tentatives officielles d’annihiler ses efforts. Privé de fournitures pour écrire et même de livres, il écrit avec un morceau de bambou en guise de crayon et de la poudre de brique en guise d’encre.
Win Tin était un éminent politicien de l’opposition avant son emprisonnement en 1989 – un membre clé du Comité Central Exécutif de la Ligue Nationale pour la Démocratie (NLD) dirigée par le Prix Nobel emprisonné Aung San Suu Kyi.
Il a défendu la liberté du savoir, de l’art et de la presse, et a reçu le titre de Saya (mentor) de la part des jeunes partisans.
Win Tin est né en 1930. En 1953, il a été licencié en littérature anglaise, en histoire moderne et en sciences politiques à l’université de Rangoon. De 1950 à 1954, il a travaillé en tant qu’assistant rédacteur pour la revue Sarpay Beikman (Burma Translation Society) dirigée par le gouvernement.
Il a travaillé aux Pays Bas pour la maison d’éditions Djambartan en tant que consultant jusqu’en 1957 et est ensuite retourné à Rangoon pour prendre les fonctions de directeur exécutif du quotidien Kyemon, le plus lu de la ville. De 1969 à 1978, il a été le rédacteur en chef du quodidien Hanthawaddy basé à Mandalay, un des journaux les plus influents de l’histoire de la presse Birmane.
En 1978, un article critiquant le régime du dictateur de l’époque, le Gén. Ne Win fut lu au « Cercle de lecture du samedi » (Saturday Reading Circle), dans lequel Win Tin était un membre dirigeant. En conséquence, il fut démis de ses fonctions et le journal fermé. Il continua cependant à écrire des articles et des livres.
Le soulèvement national de 1988 changea sa vie pour toujours. Win Tin rejoignit l’opposition, la NLD et devint un des secrétaires du comité exécutif. Il fut arrêté, accusé d’appartenir au Parti Communiste Birman interdit, et en Octobre 1989, condamné à la prison.
Malgré cela il a continué à écrire, et en 1995 a contribué à un rapport destiné aux Nations Unies intitulé « Les témoignages des prisonniers de conscience de la prison d’Insein qui ont été injustement emprisonnés, les demandes et requêtes concernant les violations des droits de l’Homme en Birmanie », dans lequel il a décrit la torture et le manque de traitement médical en prison.
Alors que les autorités enquêtaient, il a été confiné dans une cellule destinée aux chiens militaires. Il a été privé de nourriture et d’eau, ainsi que des visites de sa famille, pendant de longues périodes.
En récompense de son courage, Win Tin a reçu de l’UNESCO en 2000 le prix de la liberté de la presse Guillermo Cano. L’année suivante, il a été récompensé par la Plume d’or de la liberté, de l’association mondiale des journaux.
La semaine dernière, des rapports ont émergé, suggérant que la santé de Win Tin déclinait, et qu’il se trouvait dans un besoin urgent d’une attention médicale appropriée. Il souffre d’asthme grave, de problèmes pulmonaires, d’une maladie cardiaque, et de spondylites (inflammation des articulations de la colonne vertébrale).
L’association Amnesty International, basée à Londres a déclaré : « La santé de Win Tin a souffert à cause des mauvaises conditions dans lesquelles il a été maintenu. Il a eu des difficultés à respirer et à manger pendant la récente détérioration de sa santé ».
Win Tin est probablement résigné à mourir en prison, mais ceci ne semble pas décourager cet homme brave. « La mort sera-t-elle ma libération » ? A-t-il demandé. « Aussi longtemps des la démocratie et les droits de l’Homme resteront hors d’atteinte, je refuse ma libération. Je suis préparé à rester (en prison). »
mercredi 9 juillet 2008
Toujours pas de nouvelle de Zarganar et de Zaw Thet Htway
Zarganar, photo DVB
Selon un article de Democratic Voice or Burma du 8/07/08, les familles de Zarganar, de Zaw Thet Htway et des autres personnes impliquées dans les secours bénévoles pour les victimes du cyclone, sont toujours sans nouvelle de leurs proches, disparus dans les geôles birmanes.
Peu de temps après le cyclone Nargis, Zarganar avait supervisé l’activité d’un groupe d’environ 400 personnes qui ont apporté de l’aide d’urgence auprès de 42 villages dévastés du delta de l’Irrawaddy. Il a été arrêté le 4 juin dernier, pour «quelques jours».
Zaw Thet Htay, écrivain sportif a également été impliqué dans l’aide d’urgence aux victimes du cyclone. Il a été arrêté le 13 juin. Il avait déjà été arrêté en 2003 pour avoir dénoncé des détournements de fonds effectués par les autorités birmanes. Il avait alors été condamné à mort pour trahison. Sa peine avait par la suite été commuée à 18 mois de prison.
lundi 7 juillet 2008
Témoignages sur l'utilisation d'armes chimiques par la junte birmane
Ce reportage de 2006 regroupe des témoignages qui accusent la junte d'utiliser des armes chimiques contre les Karens. Ce n'est là qu'une horreur parmi les autres, à savoir viols, meurtres, esclavage, déplacements forcés, mines anti personnel... Toutes ces exactions de la junte birmane sont largement répertoriées et documentées entre autres dans les sites des Karen Human Rights Group et des Free Burma Rangers, depuis des années... et pour combien de temps encore ?
lundi 30 juin 2008
L’état de santé de U Win Tin, 78 ans, emprisonné depuis 19 ans, s’est récemment dégradé.
Reporters sans frontières et la Burma Media Association appellent à la libération immédiate du célèbre journaliste U Win Tin dont l’état de santé s’est dégradé au cours des derniers jours. Il souffre actuellement de problèmes pulmonaires, avec des crises d’asthme sévères qui l’empêchent de dormir et de s’alimenter normalement. Il est apparu maigre et affaibli à l’un de ses proches, qui a pu lui rendre visite le 28 juin 2008.
"Alors que, le 4 juillet prochain, cela fera exactement dix-neuf ans que les militaires birmans ont arrêté U Win Tin, la dégradation de son état de santé rend sa libération urgente. Le gouvernement a la responsabilité de protéger la vie de ses citoyens. Celle de U Win Tin est en danger. Il doit être transféré, libre, dans un hôpital au plus vite", ont affirmé les deux organisations... Lire la suite sur Reporters sans frontières
Urgences médicales, Amnesty International exhorte la junte à relâcher 2 prisonniers politiques
Myo Yan Naung Thein et U Ohn Than
Amnesty International a appelé le régime militaire de Birmanie à relâcher les prisonniers politiques Myo Yan Naung Thein et U Ohn Than immédiatement pour leur permettre de toute urgence des soins médicaux.
Myo Yan Naung Thein a été partiellement paralysé après avoir été torturé, et a été maintenu à l’isolement dans des conditions précaires. U Ohn Than quant à lui souffre de malaria cérébrale, maladie presque toujours fatale faute de traitement.
« Les deux sont innocents et n’auraient en premier lieu pas du être arrêtés. » a déclaré Haider Kikabhoy, de l’équipe Amnesty International du sud est asiatique. « On ne leur a pas donné de traitement approprié alors qu’ils ont besoin d’urgence d’attention médicale, c’est pour cela que nous appelons à leur libération immédiate » a-t-il continué.
Myo Yan Naung Thein est un membre de la génération des étudiants de 1988, qui a joué un rôle déterminant lors des manifestations en Août 2007. Il a été arrêté le 14 décembre 2007 et incarcéré à la prison d’Insein depuis. Il a été hospitalisé pendant deux semaines en mai. Cependant le traitement a échoué, et lorsqu’il a demandé à voir un neurologue, il a été puni et placé à l’isolement.
Les autorités ont condamné U Ohn Than à l’emprisonnement à vie le 2 Avril à cause de sa manifestation solitaire le 23 Août dernier devant l’ambassade des Etats-Unis le 23 Août 2007.
Source : Democratic Voice of Burma 26/06/08 - traduction partielle de Sophie
La manifestation de U Ohn Than
mercredi 25 juin 2008
La vague d'arrestations se poursuit en Birmanie et les journalistes étrangers ne sont toujours pas les bienvenus
MONTREAL, le 25 juin /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières et la Burma Media Association dénoncent la poursuite des arrestations de journalistes birmans, dont certains pour avoir simplement porté secours aux victimes du cyclone Nargis. Les deux organisations demandent leur libération et la délivrance de visas de presse aux journalistes étrangers.
"La communauté internationale, notamment les Nations unies, ont réussi à convaincre les autorités d'ouvrir le pays à l'aide humanitaire étrangère. Il est maintenant urgent d'obtenir de la junte qu'elle cesse d'empêcher la participation de la société civile et de la presse à cet effort. En empêchant les journalistes de travailler, la junte militaire tente de faire oublier sa gestion désastreuse de la crise. C'est en partie réussi puisque l'opinion publique internationale s'est désintéressée du sort des centaines de milliers de Birmans victimes du désastre, par manque d'images et d'informations nouvelles", ont dénoncé les deux organisations.
Aung Kyaw San, rédacteur en chef du magazine aujourd'hui suspendu Myanmar Tribune, a été arrêté le 15 juin 2008 avec seize autres personnes pour avoir enterré des cadavres de victimes du cyclone près de Bogale. Selon des proches, cette équipe de volontaires aurait enterré plus de 400 corps en suivant les procédures de la Croix-Rouge internationale. Ils retournaient à Rangoon pour collecter de nouveaux sacs destinés à enterrer les corps quand ils ont été interpellés. Cinq d'entre eux, dont Aung Kyaw San, sont toujours emprisonnés à Insein. Le journaliste Zaw Thet Htwe et le blogueur Zarganar sont également détenus pour être venus en aide aux victimes de Nargis. Zarganar a été arrêté après avoir donné une interview à un reporter de la chaîne britannique BBC.
Une journaliste birmane, Ma Ein Khine Oo, âgée de 23 ans, travaillant pour Ecovision Journal, a été arrêtée le 10 juin alors qu'elle couvrait une manifestation de personnes affectées par le cyclone devant les bâtiments d'une instituton onusienne à Rangoon. Elle serait toujours détenue au commissariat de police de Tamwe, dans l'attente d'un procès. Elle a été inculpée le 25 juin en vertu de l'article 505(b) qui punit de peines de prison les auteurs de "propos ayant conduit à des erreurs dans le public".
Au moins dix journalistes et un blogueur sont actuellement emprisonnés en Birmanie. Trois d'entre eux le sont pour avoir porté secours aux victimes du cyclone.
Par ailleurs, une journaliste sud-coréenne, Lee Yu Kyong, a été expulsée le 22 juin après s'être rendue dans les locaux de la Ligue nationale pour la démocratie d'Aung San Suu Kyi. Selon son témoignage recueilli par le site Mizzima, des policiers se sont présentés à son hôtel pour lui demander de quitter le pays sur-le-champ. Les agents lui ont confisqué des CD contenant des photos des zones affectées par le cyclone. A l'aéroport, des officiels ont apposé un tampon "Expulsé" sur son passeport. Une dizaine de journalistes
étrangers ont été interdits d'entrée sur le territoire ou expulsés de Birmanie depuis le passage du cyclone Nargis. Les autorités refusent toujours d'accorder des visas de presse et des check points militaires ont été
installés sur plusieurs routes permettant d'accéder à la zone du delta. Enfin, des Birmans ont été inquiétés par les autorités pour avoir aidé des journalistes étrangers à travailler dans le sud du pays.
Renseignements: Katherine Borlongan, Secrétaire générale, Reporters Sans Frontières Canada, (514) 521-4111, rsfcanada@rsf.org
Un reportage et des témoignages sur les réfugiés et déplacés de l'intérieur de la Birmanie
mardi 17 juin 2008
Reporters sans frontières et la Burma Media Association demandent la libération de Zaw Thet Htwe et Zarganar
"Reporters sans frontières et la Burma Media Association dénoncent l’arrestation du journaliste Zaw Thet Htwe simplement parce qu’il a aidé d’autres personnes à distribuer des vivres et des vêtements dans les régions affectées par le cyclone Nargis. Ancien rédacteur en chef d’un journal sportif, il avait déjà été arrêté, torturé et condamné à mort en 2003 puis gracié par la Cour suprême.
"Journaliste respecté, Zaw Thet Htwe n’est pas resté insensible aux malheurs de ses compatriotes victimes du cyclone. Alors qu’il lui était interdit de parler librement de cette tragédie dans son journal en raison de la censure imposée par les militaires, il a choisi d’agir. Nous appelons le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, à intervenir auprès des autorités birmanes pour que les civils qui distribuent de l’aide ne soient plus traités comme des criminels, et que les médias birmans et internationaux puissent travailler librement dans les zones affectées", ont affirmé les deux organisations... Lire l'annonce intégrale sur le site de RSF







