mardi 8 avril 2008
Bilan 2007 du commerce extérieur Birman
Nonobstant les sanctions économiques imposées à la Birmanie pour son record en terme de violations des droits de l’Homme, le pays a récolté l’an passé 2.7 milliards USD pour la vente de gaz naturel .
Les statistiques gouvernementales révèlent que le volume des échanges de la Birmanie a touché un record de 8.7 milliards USD.
Mais le déficit du commerce extérieur était de 3.1 milliards USD, puisque les valeurs à l’export étaient de 2.8 milliards, et les valeurs à l’import de 5.9 milliards l’année passée.
La vente de gaz naturel a rapporté 2.7 milliards USD et a représenté 45% de la valeur totale des exportations. Le principal partenaire commercial pour le gaz a été la Thaïlande.
Les autres produits d’exportation ont été les produits de l’agriculture qui ont été supérieurs à 572 millions USD, les pierres précieuses pour 561 millions USD, les produits de la pêche pour 366 millions USD.
Les principaux produits d’importation ont été le carburant pour 471 millions USD, le textile pour 276 millions, l’huile de palme pour 251 millions, les machines pour 243 millions et les véhicules pour 197 millions.
Source : Mizzima News – traduction de Sophie
mardi 11 mars 2008
Qui achète les pierres précieuses birmanes ?
Un article du Christian Science Monitor titre ce jour : « Qui achète les pierres précieuses Birmanes ? »
En voici un résumé :
Au cours des 5 derniers jours, près de 150 millions de $ ont été récoltés par la vente de jades, rubis, saphirs. Cet argent est désormais dans les mains du l’ « Union of Myanmar Economic Holdings Ltd », un consortium qui est la propriété du ministre de la défense, et d’un groupe d’officiers militaires.
La Birmanie fournit près de 90% des rubis du monde. Qui possède les mines ? Selon Human Right's Watch (HRW), la junte possède la majorité des parts dans chacune des mines du pays – la plupart d’entre elles ayant été confisquées aux communautés locales, lesquelles mines utilisent entre autres le travail forcé ainsi que celui des enfants, le tout dans des conditions de travail dangereuses. Toujours selon HRW, la vente de pierres précieuses a été évaluée pour l’exercice 2006-2007 à 297 000 000 $, mais le chiffre peut être largement supérieur en y incluant les ventes non officielles.
Qui achète ? La Chine, l’Inde, Singapour, et la Thaïlande.
Qui n’achète pas ? En Novembre 2007, l’Union Européenne a banni l’importation des jades et rubis birmans, le Canada et les Etats-Unis ont suivi en Décembre. Les célèbres joaillers Cartier, Bulgari, Tiffany, et Leber Jeweler Inc. ont également annoncé leur embargo.
Selon cet article, les profits engendrés par les ventes de pierres précieuses ne sont qu'une petite partie visible de l’iceberg et ne sont pas si énormes comparés à ceux liés au pétrole, au gaz, et au trafic d’opium. La Chine, la Thaïlande, et l’Inde dépensent environ 2 billions $ par an en électricité, gaz naturel, pétrole et en bois.
jeudi 6 mars 2008
Total, affaire éteinte en Belgique
RTBF - 06 mars : C'est la fin de six années de combats juridiques, du pot de terre contre le pot de fer. Rappelons le fond de l'affaire. Quatre Birmans, dont un devenu Belge entre temps, sont victimes d'esclavagisme sur les chantiers de pipeline de Total en Birmanie. La plainte visait le Président de Total, le Français Thierry Demarest, et son bras droit de l'époque et les accusait de complicité de torture et de travail forcé.
Pour l'avocat des victimes birmanes, Maître Alexis Deswaze, «C'est vraiment une prime à l'impunité où Total ne devra jamais répondre, en Belgique, de sa complicité de crimes contre l'humanité en Birmanie. Pour les victimes, c'est particulièrement dur à encaisser. C'est surtout frustrant pour les victimes qui ont fait confiance à la justice belge et qui voient aujourd'hui cette confiance trompée.»
L'action est en principe définitivement éteinte et Total échappe aux poursuites pour crimes contre l'humanité. Mais elle rebondira peut-être un jour devant la Cour européenne des Droits de l'homme.
Voir aussi à ce sujet l'article du Monde
lundi 3 mars 2008
Un dossier sur Total
Birmanie actualités – 02/03/008 : Kathy a mis en ligne un dossier à ne pas manquer sur la présence du groupe pétrolier Total en Birmanie. Ce dossier comprend une excellente sélection d’articles « pour » et « contre ». A vous de voir.
mercredi 27 février 2008
Dossier sur le tourisme en Birmanie
En dépit des liens reconnus, documentés, qui existent entre les violations massives et systématiques des droits de l’Homme et le tourisme en Birmanie, en dépit des appels des associations humanitaires et organisations démocratiques, le tourisme ainsi que sa promotion persistent.
L'activité touristique contribue doublement à l'interminable torture du peuple birman, d'une part en amont en provoquant l'essor des infrastructures touristiques, dont la dette se mesure en vies humaines, travail forcé, viols et mauvais traitements, et d'autre part en aval en alimentant les caisses que la junte utilise pour renforcer une puissance militaire dirigée contre le peuple.
Ce dossier comprend 7 parties :
-Un reportage sur le tourisme avec un interview de Daw Aung San Suu Kyi (vidéo)
-Une pétition pour le retrait du Lonely Planet sur la Birmanie
-La Birmanie et le tourisme en quelques chiffres, source Trade Union Congress
-Burma "all inclusive", 16 jours tout compris, l'envers du pays doré (vidéo)
-Extrait du dossier d'Info-Birmanie
-L’avis d’un réfugié Birman, tiré de Birmanie
-Un lien vers le dossier d'Action Birmanie
Un reportage sur le tourisme avec un interview de Daw Aung San Suu Kyi
Une pétition pour le retrait du Lonely Planet sur la Birmanie
Quatre organisations anglaises, Burma Campaign UK, Tourism concern, Trade Union Congress, et New internationalist magazine viennent de lancer une pétition et de demander le boycott des "Lonely planet" suite au refus du nouveau propriétaire des éditions de retirer de la vente son guide sur la Birmanie.
La Birmanie et le tourisme en quelques chiffres, source Trade Union Congress
1.1 billion : US $ investis dans l’industrie du tourisme en Birmanie depuis son ouverture au tourisme en 1988
100 millions: US $ gagnés chaque année par la Birmanie par le tourisme.
56.7 millions : population de Birmanie (IMF 2007), 75 % vit de l’agriculture. Sur les 25% restant, seulement une petite proportion bénéficie du tourisme
8 millions : nombre d’hommes, de femmes et d’enfants enrôlés pour le travail forcé, souvent pour le développement des infrastructures touristiques, par le régime militaire depuis sa prise de pouvoir en 1962. Ceci est souvent imposé sous la menace de coups, torture, viol et meurtre
1 million: nombre de personnes déplacées sous le régime actuel pour faire des routes pour le développement du tourisme, avec souvent seulement un préavis de quelques heures, une petite ou aucune compensation pour la perte de leur maison et de leur travail.
1 300: nombre de prisonniers politiques. Ceci peut inclure des personnes qui ont exprimé leur refus d’être déplacés pour faire des routes, ou être enrôlés pour aider à construire les infrastructures touristiques.
650: acres de rizières récemment converties en golf pour touristes par une entreprise occidentale.
60: pourcentage de birmans qui gagnent moins de 60 pence par jour (0,80 €).
40: pourcentage du budget national dépensé par les militaires. Seulement 19 pence (0,25 €) par personne et par jour sont dépensés par la junte par personne pour la santé.
15: nombre de tours operators anglais qui continuent à promouvoir le tourisme en Birmanie.
12: nombre d’années pendant lesquelles le leader démocratiquement élu, Daw Ang San Suu Kyi a vécu en résidence surveillée à ce jour
1: nombre d’élections démocratiques qui ont eu lieu en Birmanie depuis 42 ans.
Burma all inclusive, 16 jours tout compris, l'envers du pays doré
Extrait du dossier d'Info-Birmanie
Faire du tourisme en Birmanie pose un problème d’ordre éthique. Selon le message de l’opposition birmane, avec comme figure de proue Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix, les touristes internationaux doivent s’abstenir de visiter la Birmanie tant que la démocratie ne sera pas restaurée. En allant en Birmanie, les touristes cautionnent en effet la dictature militaire au pouvoir, une économie fondée sur les drogues, le travail et les déplacements forcés. La Birmanie est l’un des rares pays au monde où le développement touristique est aussi directement lié aux violations des droits de l’Homme les plus graves. | |
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Dans de nombreux pays en développement, le secteur du tourisme reste un formidable moyen pour attirer les devises étrangères. Utilisé comme une stratégie de développement économique, cela souligne la nécessité de permettre aux populations locales de participer pleinement à la prise de décisions concernant leur propre avenir. Ainsi, le développement touristique ne peut mener à la démocratie qu’au prix d’une participation active de la population aux prises de décision. Ce sujet doit faire l’objet d’un débat public permettant au peuple d’émettre son opinion sur les options envisageables. En Birmanie, une telle consultation est aujourd’hui improbable, voire utopique. La junte a tenté de légitimer le développement touristique au nom du développement économique. Or, l’aménagement touristique n’a pas été entrepris dans le cadre d’une politique de développement globale et la Birmanie reste l’un des pays les plus répressifs au monde, sans aucune stratégie de développement. Le produit des investissements touristiques, dont le coût se mesure en vies humaines, viols et mauvais traitements, vient remplir les caisses du régime et celles des compagnies privées étrangères, partenaires de ces investissements. Etant donné que le régime en place n’envisage aucune réforme démocratique et tant que le développement touristique ne l’y contraindra pas, son renforcement ne pourra se faire qu’au détriment du peuple birman. La rénovation des sites touristiques et les circuits balisés proposés par les agences de voyages donnent l’impression d’un pays stable et prospère. Derrière ces décors factices, la répression s’accentue sur les membres de l’opposition démocratique. Aux frontières, dans les zones fermées aux étrangers, la junte militaire poursuit sa stratégie de terreur : réquisitions de travailleurs forcés, déplacements de population, exécutions sommaires, viols, arrestations et destructions de biens. |
Accéder au Dossier complet d'Info Birmanie
L’avis d’un Birman, tiré de Birmanie
« Le nombre des touristes français en Birmanie domine largement celui des autres pays européens, mais n'oublions pas que les touristes ne voient que ce que la junte veut montrer. Donc soyons réaliste : ce dont les petits commerçants profitent par le tourisme n'est pas comparable au reste de la souffrance endurée par les birmans à cause des touristes.
Des routes que vous prenez ont été faites par des travaux forcés.Les devises étrangères servent à blanchir l'argent sale de la junte du trafic de drogue.
Dans la zone touristique, les personnes ayant le contact avec des étrangers risquent prison. Par exemple, à cause de votre présence dans un village non loin de Inn lay ou Kalaw, les soldats viendront demander des comptes sur votre présence, et des villageois ne seront pas tranquille. La junte apprécie les touristes silencieux et leurs devises. Alors pensez-vous que en venant ici vous faites du bien au pays et au peuple birman???
Car le quotidien du peuple birman c'est la peur, la répression, la torture et violation des droits humains. En tout cas il y a une chose à retenir avant de décider pour aller en Birmanie."Un seul budget finance celui de la défense, une seule économie florissante, la drogue et les armes. Les seuls bénéficiaires sont la junte et ses amis".
Voir le dossier (merci pour l'info Kathy)
mardi 26 février 2008
Le gouvernement américain appelle à de nouvelles sanctions économiques
RTL INFOS BELGIQUE - Le gouvernement américain a encore étendu lundi les sanctions contre le régime birman et le président George W. Bush, constatant que la situation demeurait "déplorable", a réclamé une "pression internationale concertée" associant les voisins de la Birmanie.
Le gouvernement américain a continué à viser au portefeuille "les membres du régime et leurs acolytes qui continuent à s'enrichir tandis que les Birmans souffrent sous leur administration néfaste", selon les mots employés par le président George W. Bush dans un communiqué.
Selon M. Bush, 898 responsables birmans et leurs familles tombent à présent sous le coup des restrictions à la délivrance de visas, annoncées en même temps que d'autres mesures en septembre, en pleine répression par le régime birman d'un mouvement de contestation conduit par les moines bouddhistes et inédit depuis 1988. Ces sanctions sont "l'un des éléments de notre politique consistant à promouvoir une véritable transition démocratique", a dit M. Bush. Le régime birman est l'une des bêtes noires de l'administration Bush en Asie.
Autre titre de ROMANDIE NEWS : "Bush appelle les voisins de la Birmanie à faire pression sur la junte".
Voir le communiqué de presse de la Maison Blanche
jeudi 21 février 2008
Commerce équitable
Le plus grand gestionnaire canadien de fonds communs de placement responsables, The Ethical Funds Company, demande des «clarifications» au conglomérat montréalais Power Corporation (POW) au sujet de sa présence en Birmanie par le biais de sa participation dans le géant pétrolier français Total.
Dans une résolution récemment déposée auprès de Power et sur laquelle les actionnaires de cette dernière devront se prononcer en vue de la prochaine assemblée annuelle, The Ethical Funds demande à l'entreprise de justifier sa participation dans Total.
The Ethical Funds demande à Power Corporation comment son investissement dans Total a été évalué par rapport à son «énoncé de responsabilité sociale», en vertu duquel l'entreprise s'engage à agir «en accord avec les buts qui sont à la base de la Déclaration universelle des droits de l'homme».
Lire l'intégralité de l'artice
mercredi 6 février 2008
Nouvelles sanctions économiques des Etats Unis
Le gouvernement américain a imposé de nouvelles sanctions financières à un entrepreneur associé à la junte militaire au pouvoir en Birmanie, visant des sociétés utilisées par l'ex-Birmanie pour se procurer hélicoptères et équipements militaires. Il s'agit de la troisième série de sanctions infligée par les Etats-Unis aux dirigeants de la junte depuis la répression des manifestations de moines bouddhistes en septembre et octobre de l'année dernière.
Empire financier de Tay Za, source Burma Digest
Source du texte : Le JDD, 5 février 2008
photo : AFP, le magnat Tai Zan, source Irrawaddy
mardi 29 janvier 2008
La junte des voleurs, par George Dupuy
Je vous invite à lire cet article de George Dupuy, intitulé "la junte des voleurs".
"Alors que 40% des Birmans vivent dans un extrême dénuement, le régime accapare les revenus d'un pays aux nombreuses ressources. Et multiplie les trafics.
Si l'oppression est un puissant moteur de révolte, la pauvreté également. C'est parce qu'ils avaient dû augmenter les salaires de leurs fonctionnaires que les généraux ont décidé, en août dernier, de doubler le prix des carburants en baissant les subventions d'Etat. Dans la foulée, les produits de consommation courante ont flambé, accusant une progression de 20% à 90% par rapport à septembre 2006 pour le riz, le poulet ou le ticket d'autobus. Un fardeau supplémentaire et insupportable pour les Birmans, qui voient les militaires mettre le pays en coupe réglée, tout occupés qu'ils sont à fortifier leur pouvoir et à conforter leurs fortunes. Bon an mal an, l'armée pompe une bonne moitié du budget birman, alors que 40% des habitants vivent dans un très grand dénuement.
«La Birmanie est fabuleusement riche en hydrocarbures, en minerais, en bois rares et en pierres précieuses, analyse un observateur proche des milieux diplomatiques. Mais très peu sont redistribués.»
... Lire la suite dans l'Express du 3 Octobre 2007
Vente aux enchères de pierres précieuses malgré les sanctions
Un article d'Angola Press nous informe que plus de 1.500 lots de pierres précieuses et de jade ont été vendus lors d`une récente vente aux enchères organisée par la junte birmane en dépit du renforcement des sanctions occidentales et des appels internationaux au boycot.
Toujours selon cet article, près de 300 acheteurs étrangers étaient présents. Les ventes précedentes ayant eu lieu en novembre auraient rapporté à la junte militaire près de 150 millions d'euros, malgré le renforcement des sanctions économiques des Etats Unis et de l'Union Européenne.





