lundi 7 juillet 2008
Jusqu'où la junte ira-t-elle pour anéantir Aung San Suu Kyi ?
Quatorze partisans de la chef de file de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi ont été inculpés, samedi 5 juillet, par les autorités après un rassemblement organisé à l'occasion du 63e anniversaire du prix Nobel de la paix assignée à résidence. "Ils ont été inculpés au tribunal de la ville vendredi après-midi pour avoir troublé l'ordre public ce jour-là en scandant des slogans" devant le siège du parti d'Aung San Suu Kyi, La Ligue Nationale pour la démocratie (LND), a indiqué la source policière... Lire l'article intégral dans le Nouvel Obs
La junte vient également de déclarer que la victoire du parti d’Aung San Suu Kyi lors des élections de 1990 « n’est désormais plus légale ». Le journal de propagande de la junte, le « New Light of Myanmar » rapporte que l’approbation à 93% de la nouvelle constitution par le référendum de mai dernier a invalidé la précédente élection, gagnée alors par la LND. Source : Radio Australia
lundi 30 juin 2008
Un manga sur Aung San Suu Kyi
Aung San Suu Kyi, le paon combattant
Aung San Suu Kyi a conquis des admirateurs de par le monde entier parce qu’elle maintient en vie le rêve de démocratie en Birmanie.
Pour célébrer son engagement inaliénable envers la lutte de son peuple pour la liberté, le dessinateur Akaky Mizuha a créé Aung San Suu Kyi, le paon combattant.
Publié la première fois en 1994, ce manga montre les débuts de la vie d’Aung San Suu Kyi et s’achève lors de la remise de son prix Nobel en 1991, alors qu’elle était en résidence surveillée.
Il retrace aussi les évènements de 1988, lorsque le mouvement pour la démocratie en Birmanie a attiré l’attention du monde.
20 ans plus tard, il rappelle que les birmans sont toujours prisonniers dans leur propre pays, tout comme Aung San Suu Kyi, toujours prisonnière dans sa propre maison.
Ce livre est désormais disponible pour la première fois en version anglaise sur The Irrawaddy online
source The Irrawaddy online - traduction partielle de Sophie
jeudi 19 juin 2008
Editorial d'Alain Delaporte-Digard pour les 63 ans d'Aung San Suu Kyi
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, toujours en résidence surveillée depuis de trop nombreuses années, sans soins, coupée du monde.
Difficile de lui souhaiter un banal "Bon Anniversaire" dans ces conditions.
Mais qu’elle sache par nos prières ou nos pensées que nous sommes là,
impuissants, vigilants, admiratifs aussi.
Oui, nous sommes impuissants à l’aider, face à la Junte,
car la pression internationale est loin d’être efficace. Tant que tous les pays ne s’uniront pas pour un blocus économique complet, la Junte continuera à payer son armée de 450.000 hommes pour maintenir sa dictature.
Oui, nous sommes vigilants,
car nous croyons en la conscience transformatrice, en ces milliers de pensées positives pour changer le monde, même dans ses facettes les plus sombres. Chaque jour, nos pensées peuvent devenir un véritable chemin de Paix et de Justice. Il faut que la Birmanie redevienne démocratique. Rappelons qu’Aung San Suu Kyi et son parti démocratique avait obtenu aux élections de 1990 82% de voix ! MAis que la Junte refusa ces résultats en durcissant sa dictature.
Oui, nous sommes admiratifs,
car Suu est restée si solidement accrochée aux principes de non-violence, de Paix, de compassion, malgré les attaques personnelles subies au quotidien depuis tant d’années. Son corps est usé, mais son âme brille. Elle enseigne à nous tous un chemin de paix et de rigueur par son exemplarité.
Et même, Suu, nous te sommes redevables
car non seulement nous sommes impuissants à t’aider,
mais tu nous offre un exemple fantastique.
Merci pour ton message lumineux.
Voici ci-dessous un texte que tu as écrit.
Il est à lui tout seul un véritable enseignement.
Merci.
Alain Delaporte-Digard,
Pour www.buddhachannel.tv
Les bienfaits de la méditation et du sacrifice, par Aung San Suu Kyi
La retraite de la saison des pluies a commencé. Le moment est venu d’offrir des robes aux moines et de faire des efforts particuliers pour obtenir une meilleure compréhension des valeurs Bouddhistes. En Birmanie, nous considérons les membres de la sangha (l’ordre religieux Bouddhiste) comme des enseignants qui nous guideront le long du noble octuple sentier. Les bons professeurs ne donnent pas seulement des sermons érudits, ils nous montrent aussi comment nous devons nous comporter dans nos vies quotidiennes selon la compréhension juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, la subsistance juste, l’effort juste, l’attention juste, et la concentration juste.
Il n’y a pas longtemps, avant ma mise en résidence surveillée de 1989, j’ai été gratifiée d’une audience par le Vénérable U Pandita, un enseignant exceptionnel dans la meilleure tradition des grands mentors spirituels, ceux dont les mots agissent constamment comme une aide pour une existence meilleure. U Pandita, le saint enseignant, a parlé de l’importance de la parole juste. Non seulement notre parole doit exprimer la vérité, mais elle doit aussi amener l’harmonie parmi les êtres, être aimable et plaisante et elle doit être bénéfique. L’on devrait suivre l’exemple du Bouddha qui n’a eu que des paroles qui ont été fiables et bénéfiques, même si parfois un tel discours n’a pas toujours été plaisant à l’auditeur.
Le saint professeur m’a aussi exhorté à cultiver la pleine conscience. Des 5 facultés spirituelles (qui sont la foi, l'énergie, la concentration, la sagesse et la pleine conscience), seule la pleine conscience ne peut jamais être en excès. Une foi excessive sans assez de sagesse mène à une foi aveugle, alors qu’une sagesse excessive sans énergie suffisante mène à de la ruse indésirable. Un excès d’énergie combiné avec une faible concentration mène à l’indolence. Mais en ce qui concerne la pleine conscience, c’est en excès, mais toujours en carence. La vérité et la valeur de ce concept Bouddhiste que le saint professeur U Pandita a pris tant de soins à imprimer en moi est devenu évident pendant mes années de résidence surveillée. Comme beaucoup de mes collègues Bouddhistes, j’ai décidé de mettre mon temps de détention à profit en pratiquant la méditation. Ce n’était pas un processus facile. Je n’avais pas d’enseignant et mes premières tentatives étaient plus qu’un peu frustrantes. Il y a eu des jours où j’ai trouvé mon échec à discipliner mon esprit selon les pratiques de méditation prescrites tellement exaspérant que j’avais l’impression de me faire plus de mal que de bien. Je pense que j’aurai abandonné sans la recommandation d’un célèbre enseignant Bouddhiste, qui dit que si l’on veut pratiquer la méditation, on doit le faire pour son propre bien.
J’ai donc serré les dents et persévéré, souvent plutôt sombrement. Alors mon mari m’a donné une copie du livre de Sayadaw U Pandita « Dans cette Vie même, les Enseignements de Libération du Buddha ». En étudiant ce livre avec attention, j’ai appris comment surmonter les difficultés de la méditation et en retirer les bénéfices. J’ai appris comment la pratique de la méditation amène a l’élargissement de la pleine conscience dans la vie de tous les jours, à maintes reprises. Je me suis remémorée les mots du Saint professeur sur l’importance de la pleine conscience avec admiration et gratitude.
Dans mon travail politique, j’ai été aidée et affermie par les enseignements des membres de la Sangha. Au cours de ma toute première tournée de campagne à travers la Birmanie, j’ai reçu d’inestimables conseils de moines dans différents endroits du pays. A Prome, un Saint professeur m’a dit de garder à l’esprit l’ermite Sumedha, qui a échangé la possibilité d’une libération individuelle rapide, contre de nombreuses vies d’effort afin de pouvoir libérer les autres de la souffrance. Alors vous devez être préparée à vous dépasser aussi longtemps que nécessaire dans le but d’accomplir ce qui est bien et juste, m’a exhorté le saint professeur.
Dans un monastère à Pakokku, le conseil qu’un abbé a donné à mon père lorsqu’il s’est rendu dans cette ville il y a de cela plus de 40 ans m’a été répété : «Ne soyez pas effrayé à chaque fois que l'on tente de vous faire peur, mais ne soyez pas totalement sans peur. Ne devenez pas ivre chaque fois que vous être loué, mais ne soyez pas totalement sans ivresse». Autrement dit, en préservant courage et humilité, il ne faut abandonner ni la prudence ni le juste respect de soi-même.
Lorsque j’ai visité Natmauk, la ville de la maison de mon père, je suis allée au monastère où il a étudié enfant.
Là, l’abbé a donné un sermon sur les quatre causes de déclin et de décadence : échec à retrouver ce qui a été perdu ; omission de réparer ce qui a été endommagé ; mépris de la nécessité d’une raisonnable modération ; et l’élévation au rang de dirigeant de ceux qui sont sans moralité et connaissance. L’abbé a continué à expliquer comment ces vues traditionnelles Bouddhistes devraient être interprétées pour construire une société juste et prospère dans l’âge moderne.
De ces paroles de sagesse que j’ai rassemblées au cours de ce voyage en Birmanie centrale, celles d’un saint enseignant de Sagaing, âgé alors de 91 ans, me restent particulièrement à l’esprit. Il m’a fait l’esquisse de la difficulté qu’il y aurait pour un avènement de la démocratie en Birmanie : « Vous serez attaquée et injuriée pour votre engagement dans une politique honnête » a déclaré le professeur, « Mais vous devez persévérer. Fondez un investissement dans la souffrance, et vous obtiendrez la félicité”.
Source Bangkok Post Septembre 1996, vu sur le blog d’Ashin Mettacara
Traduction de l’anglais par Sophie pour http://www.buddhachannel.tv/portail/
Bon Anniversaire Madame Aung San Suu Kyi
"Je suis seul, mais je suis un. Je ne peux pas tout faire, mais je peux faire quelque chose. Et parce que je ne peux pas tout faire, je ne refuserai pas de faire quelque chose que je peux faire. Ce que je peux faire, je dois le faire. Et ce que je dois faire, par la grâce de Dieu, je le ferai."
"I am only one, but I am one. I cannot do everything but I can do something. And because I cannot do everything, I will not refuse to do the something I can do. What I can do, I should do. And what I should do, by the Grace of God, I will do."
Edward Everett Hale (1822 – 1909)
mercredi 18 juin 2008
Un oiseau libre vers une Birmanie libre, poème d'Aung San Suu Kyi
Ma maison…
Là où je suis née, et où j’ai été élevée
était chaude et jolie,
est maintenant remplie de ténèbre et d’horreur.
Ma famille…
Avec laquelle j’ai grandi
Etait joyeuse et pleine de vie
Vit maintenant dans la peur et la terreur.
Mes amis…
Avec qui j’ai partagé ma vie
Etaient purs et joyeux
Vivent maintenant avec un cœur meurtri.
Un oiseau libre…
Qui vient de devenir libre
Qui était en cage
Vole maintenant avec un rameau d’olivier
Vers l’endroit qu’il aime.
Un oiseau libre vers une Birmanie libre.
traduction de Sophie
Version originale
Free Bird towards a free Burma
My home...
where I was born and raised
used to be warm and lovely
now filled with darkness and horror.
My family...
whom I had grown with
used to be cheerful and lively
now living with fear and terror.
My friends...
whom I shared my life with
used to be pure and merry
now living with wounded heart.
A free bird...
which is just freed
used to be caged
now flying with an olive branch
for the place it loves.
A free bird towards a Free Burma
Une nouvelle année en cage
Dessin de Harn Lay, pour The Irrawaddy 18 Juin 2008
mercredi 11 juin 2008
Selon la junte, Aung San Suu Kyi mérite d'être "flagellée comme un enfant désobéissant"
-Hier, la Ligue Nationale pour la Démocratie en appelait au droit pour la libération de celle que le peuple avait élu à plus de 80% des voix, à celle qui a payé de sa liberté le prix de le représenter et de s'interposer entre lui et une junte féroce et sans scrupule.
-Aujourd'hui :
« La junte militaire birmane déclare que la dissidente Aung San Suu Kyi mérite d'être flagellée comme un enfant désobéissant en raison des menaces qu'elle fait peser sur la sécurité nationale.
La presse officielle birmane accuse mercredi la lauréate du prix Nobel de la paix, qui vient d'entrer dans sa sixième année consécutive en résidence surveillée, et d'autres militants détenus de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'avoir été en contact et reçu de l'argent d'organisations rebelles armées et de gouvernements étrangers.
"Du fait des crimes qu'ils ont commis, ils méritent bien la flagellation, comme les enfants désobéissants", peut-on lire dans des éditoriaux publiés dans la presse en langue birmane et anglophone du pays »… Lire la suite de l'article dans l'EXPRESS
mardi 10 juin 2008
La Ligue Nationale pour la Démocratie fait appel
"La Ligue nationale pour la démocratie (LND), principal parti d'opposition en Birmanie, a demandé à la junte au pouvoir d'accepter une procédure d'appel de la détention de sa dirigeante Aung San Suu Kyi qu'elle juge "injuste".
Le 27 mai, en pleine crise humanitaire après le passage du cyclone Nargis, le gouvernement des généraux avait prorogé d'un an l'ordre d'assignation à résidence de Mme Suu Kyi, seule lauréate du prix Nobel de la paix à être privée de liberté dans le monde. Sa dernière période de détention a commencé en 2003.
«La LND fera appel, conformément à la loi, étant donné que la prolongation de la détention de Mme Aung San Suu Kyi est injuste et contraire à la loi", a indiqué la LND dans une déclaration"… Lire l'article intégral dans le Figaro
samedi 24 mai 2008
Le maintien en détention d'Aung San Suu Kyi devient illégal
Selon un article du 23 Mai de Mizzima News, l’association américaine pour les droits de l’Homme, « Freedom Now » a exhorté vendredi la junte à respecter ses propres lois et à relâcher Aung San Suu Kyi, dont la période de détention s’achève samedi 24 mai 2008 à minuit.
Dans le cas contraire, la junte violerait ses propres lois, à savoir l’article 10 (b) qui stipule qu’une personne qui « menace la souveraineté et la sécurité de l’Etat et de la paix du peuple » peut être détenue pour une durée maximum de 5 ans, renouvelable 1 année à la fois.
Aung San Suu Kyi a été arrêtée la dernière fois en mai 2003 après le massacre de Depayin. Le dernier renouvellement de 1 année a eu lieu le 25 mai 2007.
Elle devrait donc, conformément à la loi Birmane, être relâchée samedi… Et pouvoir assister en personne à la conférence des donateurs qui aura lieu dimanche à Rangoon…
Mais ne rêvons pas, la Birmanie a déjà sombré dans la démence légale, et selon certaines sources, la détention d'Aung San Suu Kyi sera prolongée d’un an.
Vendredi, Diego Maradona appelait lui aussi à sa libération, dans le cadre de la campagne de US Campaign for Burma «30 jours pour 1 million de voix ». Voici son message :








