samedi 17 mai 2008
Sans commentaire
Deux semaines après Nargis
Le second cyclone qui aurait pu s'abattre sur la Birmanie s’est finalement transformé en pluies torrentielles qui se surajoutent à la misère des rescapés, et entravent l'action des secours. Des survivants du cyclone meurent de froid, d’épuisement, sans abri, sans vêtements secs, affamés.
La situation s'aggrave, et la Croix-Rouge et l'ONU s'alarment :
«Nous sommes confrontés à une catastrophe humanitaire exceptionnellement grave», a déclaré vendredi le secrétaire général de la Fédération des sociétés de la Croix-Rouge, Markku Niskala. Seulement un quart des deux millions de sinistrés ont eu accès à une assistance 2 semaines après le cyclone.
Des associations humanitaires découvrent des villages oubliés, où les rescapés brûlés par les pluies acides sont encore sans soin. Des grappes de villageois affamés errent sur la route du delta, mendient de l’aide dès qu’ils voient un véhicule, et les premiers cas de choléra se sont déclarés.
Les ONGs sont toujours sous surveillance, victimes de multiples tracasseries de la part des autorités, et ne peuvent avoir accès aux populations les plus vulnérables. Des camions du HCR et du PAL ont été bloqués par des soldats, et un convoi de Aide Médicale Internationale transportant des bâches fournies par le HCR a même dû rentrer à Rangoun.
Les humanitaires qui ont réussi à aller dans les districts interdits en fraude en reviennent traumatisés, et ont du mal à témoigner de ce qu’ils ont vu. Les journalistes quant à eux y sont toujours personna non grata.
Le Time interroge : "Est-il temps d'envahir la Birmanie ?"
Le Temps.ch dénonce la Chine et les dictatures du monde qui soutiennent la junte Birmane, et démontrent comment la dictature militaire peut impunément bafouer le peuple depuis 40 ans et braver outrageusement la communauté internationale.
Dans sa sempiternelle habitude de lancer un os lorsque les gêneurs aboient trop fort, la junte fait un tout petit pas vers la communauté internationale : demain samedi, des diplomates étrangers, en poste à Rangoun, vont être conduits en hélicoptère vers certaines zones sinistrées du delta, afin de juger de la catastrophe. La junte va également accorder des visas pour 100 médecins de pays étrangers.
L'opposition Birmane en exil appelle de son côté à une invasion humanitaire coercitive.
The Irrawaddy analyse : If humanitarian intervention, then what ? Wai Moe parle d’une armée corrompue et n’obéissant que par peur : "Que feraient ils alors ? Se battraient-ils ou enlèveraient-ils leurs uniformes ?"
Un officier de Rangoon a déclaré à l’Irrawaddy : “Qui dans la Tatmadaw pourrait être loyal aux hauts généraux qui ont failli à aider des millions de personnes, s’il arrivait sur le terrain une intervention humanitaire ».
Cet officier a également dit que de nombreux officiers ainsi que leurs familles faisaient face à des terribles circonstances à cause de la mauvaise gestion du régime.
Monsieur Kouchner, chef de la diplomatie francaise a jugé que le refus par la junte birmane de toute opération d'aide internationale massive se rapprochait d'un "crime contre l'humanité". Il a de nouveau plaidé pour que l’ONU reconnaisse dans cette situation la "responsabilité de protéger" de la communauté internationale.
La plaidoirie a pour le moment été vaine. Mais la France montre sa détermination à intervenir et a envoyé mercredi le Mistral chargé de 1 500 tonnes de fret humanitaire, 3 hélicoptères et des moyens amphibie. Le bâtiment, qui a appareillé de Chennaï (Inde) devrait arriver samedi au large des côtes sinistrées, à une demi-heure d'accès des rescapés.
A suivre…
vendredi 16 mai 2008
Et le gagnant est....
Dans la nouvelle catégorie du plus grand menteur, le gagnant est ....
Rappelons que la junte vient d'affirmer au peuple Birman et au monde entier que son référendum constitutionnel a été adopté avec 92,4% de oui, et une participation de 99,07 % de votants.
Des prix Nobel appellent à une action humanitaire immédiate et sans permission
Un groupe de prix Nobel, menés par l’Archevêque Desmond Tutu, ont appelé à une aide humanitaire immédiate pour le peuple Birman, dans une lettre adressée au Premier Ministre Britannique ainsi qu’aux Présidents de France et des Etats-Unis :
« S’il vous plaît utilisez vos navires, hélicoptères et tous les autres moyens que vous pouvez utiliser pour apporter l’aide humanitaire au peuple Birman. Nous ne devons plus attendre plus longtemps la permission de la Chine et du régime Birman. Le moment est maintenant de sauver 1.5 millions de vies » ont écrit les prix Nobel.
Extrait de The Irrawaddy, 16 mai, traduction de Sophie.
jeudi 15 mai 2008
Et je reste à crier... infinie comédie
La junte a annoncé aujourd'hui que le projet de constitution avait été approuvé par le peuple à plus de 92%.
Vidéo proposée par Carole
Un constat si proche d'un cauchemard
Aujourd'hui, 2 millions et demi de personnes meurent de faim et de soif dans les charniers. La région est inaccessible, pour masquer l'innommable aux yeux des galonnés au regard mort d’un déni maladif et malin.
Le dictateur Than Shwe ne veut plus entendre parler de ces morts dans le delta et nul n’ose plus lui donner de chiffres.
Victimes devenues coupables de salir au nom de leur condition le narcissisme de leurs bourreaux, les rescapés provisoires n’ont d’autre issue que d’être sacrifiés. Aujourd’hui ils meurent et se regardent mourir, certains lentement, d’autre plus rapidement, tiraillés entre l’espérance de vivre encore et cette mort qui rôde, si présente dans la puanteur environnante.
Dans un système qui se réclame du droit et de la justice, quelle légitimité, quelle souveraineté peuvent encore oser invoquer les dictateurs Birmans ? Et surtout, qui assume encore la responsabilité de faire semblant s’y croire ?
Il fait froid sur terre en ce début de 21ème siècle.
Photo vue sur le blog d'Ashin Mettacara
Manifestation de solidarité avec le peuple Birman samedi 17 mai
Info Birmanie, la FIDH, l’Alliance des Femmes, Europe Solidaire Sans Frontières et la Communauté Birmane de France vous invitent à vous joindre à la manifestation de solidarité en faveur de la Birmanie.
Alors que la Birmanie vient d'être touchée par un cyclone d’une intensité telle que le nombre de victimes risque d’égaler celui du tsunami de 2004, la junte militaire au pouvoir a refusé durant plus d’une semaine l’arrivée des secours internationaux, laissant dans la détresse des millions de sinistrés. Il devient urgent de se mobiliser pour une ouverture du régime, condition impérative au bon fonctionnement de l'aide humanitaire.
Plutôt que de concentrer ses efforts sur l'assistance aux victimes, la junte militaire a maintenu le référendum qui s'est tenu le 10 mai. Ce référendum, visant à ratifier la nouvelle constitution voulue par les militaires, a été entaché d'irrégularités, et prouve que le régime compte se maintenir au pouvoir à n'importe quel prix. Il est indispensable de dénoncer la tenue du scrutin dans de telles conditions et de refuser en bloc cette constitution fantoche.
En présence d'une délégation de moines birmans, et de nombreux représentants et militants de la cause birmane de toute l'Europe, rejoignez-nous sur le parvis des Droits de l'Homme, samedi 17 mai à partir de 14 heures.
Message de Sa Sainteté le Dalaï Lama sur la Birmanie
Dans une lettre adressée à M. Jacob Kellenberger, Président du Comité International de la Croix Rouge, envoyée le 8 Mai 2008, Sa Sainteté le Dalaï Lama a déclaré : « Je suis profondément attristé par la catastrophe causée en Birmanie par le récent cyclone Nargis. Je suis bouleversé par la destruction, et spécialement par le nombre élevé de personnes qui en sont morts. Cette catastrophe se surajoute aux problèmes de pauvreté qui existent déjà en Birmanie ».
Le cyclone Nargis a frappé la région du delta de la rivière Irrawaddy en Birmanie le 3 mai 2007, tuant des milliers de personnes, et causant des dommages considérables. Les régions les plus touchées du delta de l’Irrawaddy sont les communes de Bogalay, Laputta, Mawlamyaing Gyun et de Pyapon.
Selon les Nations Unies, le cyclone du 3 mai a tué entre 62 000 et 100 000 personnes, et exposé près de 2 millions de survivants à des maladies et famine.
La communauté internationale a fourni dans une grande mesure des secours pour aider les victimes des régions de Birmanie touchées par le cyclone.
Source : www.tibet.net
Traduction de l’anglais par Sophie pour Buddhachannel
Le Bureau de Sa Sainteté a également versé le 13 mai une contribution de 50 000 $ au Comité International de la Croix Rouge, au titre de la solidarité ainsi que d’une profonde empathie avec le peuple de Birmanie
Source : Phayul.com
mercredi 14 mai 2008
Nargis, 14 mai, un bilan potentiellement apocalyptique
John Holmes, le responsable des affaires humanitaires à l'ONU a appelé les autorités Birmanes à changer radicalement d’attitude.
De son côté, Ban Ki-Moon a convoqué une réunion d'urgence sur l'aide humanitaire en Birmanie face au refus de la junte de toute opération de secours menée par des étrangers.
Tous les bilans des victimes sont revus à la hausse : le Secrétaire d’Etat Britannique Douglas Alexander estime que le nombre de morts dépasse les 200 000, et les Nations Unies chiffrent le nombre de victimes « gravement affectées » par le cyclone à 2,5 millions.
Ces sinistrés manquent toujours d’eau potable, d’abris, et de vivres. Ils font face à une "menace potentiellement apocalyptique" à cause des maladies véhiculées par l’eau qui ont déjà commencé à se propager.
Ils meurent de faim et de soif parmi des milliers de cadavres en putréfaction, alors que les généraux, en état de total déni disent que les choses reviennent à la normale.
Enfin, un nouveau cyclone pourrait toucher la Birmanie dans les 24 heures.
Burma it can't wait, 14ème jour, par Thich Naht Hanh
US Campaign for Burma a lancé il y a 14 jours une campagne "30 jours pour 1 million de voix" ; chaque jour, une personnalité intervient sur la Birmanie au cours d'un court métrage. Aujourd'hui, Thich Naht Hanh parle de la non violence et rend hommage aux moines Birmans.
A ce jour, 44 202 personnes ont participé à cette campagne. Pour en savoir plus : http://uscampaignforburma.org/
L'aide ? Oui ! Les aides ? Non !
Dessin de Harn Lay, source : Shan Herald Agency for News
Un nouveau cyclone se forme au large de la Birmanie
L'ONU avertit qu’un nouveau cyclone se forme au large des côtes Birmanes
Vu sur Birmania Libre
Les enfants perdus de Birmanie, reportage de CNN
Attention, certaines scènes peuvent choquer
mardi 13 mai 2008
Une délégation de moines Birmans à Paris
SOLIDARITE POUR LE PEUPLE BIRMAN
Evènements sur la Birmanie autour de la venue de moines birmans
à Paris entre le 14 et le 17 mai 2008
INFO BIRMANIE : Alors que la Birmanie vient d'être touchée par une catastrophe sans précédent, et que le régime militaire s'accroche toujours au pouvoir, Info Birmanie vous invite à rencontrer une délégation de moines birmans de l’Organisation Internationale des Moines Bouddhistes, qui témoigneront de la situation de leur pays, et de leur engagement en faveur de la démocratie.
Ces ambassadeurs de la paix se sont engagés, parfois au péril de leur vie, dans un mouvement de résistance contre la dictature militaire, afin de soulager les souffrances du peuple birman qui vit dans l’oppression depuis plus de 40 ans.
Mercredi 14 mai à 17 heures
Conférence de Presse – Aide Humanitaire et Référendum
Cette conférence de presse sera l’occasion de revenir sur la catastrophe humanitaire qui a frappé la Birmanie après le passage du cyclone Nargis, et d’analyser les blocages politiques et diplomatiques qui ont empêché l’acheminement de l’aide internationale pendant la première semaine.
L’Etat birman s’est révélé défaillant, incapable de porter secours à sa population, et refusant aux victimes le droit élémentaire d’être secourus. Qu’en est-il de la ‘Responsabilité de Protection’, votée par l'ONU en 2005, ainsi que du Droit d’Ingérence?
Samedi 10 mai, en dépit de l’Etat d’urgence et d’un bilan humain terrible, la junte militaire s’est entêtée à maintenir le référendum populaire. Quels sont les enjeux de ce référendum pour la junte, dans quel contexte politique s’insère-t-il ? Quelle légitimité la junte attend-elle de ce scrutin, pourtant tant décrié ?
En présence de :
- Monsieur le député Jean Glavany, vice-président du groupe Birmanie à l’Assemblée Nationale
- Madame la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam, Présidente du groupe Birmanie au Sénat
- Jane Birkin, comédienne
- Ashin Sopaka et Ashin Wi Thu Da, bonzes birmans vivant en exil
- Isabelle Dubuis, coordinatrice d’Info Birmanie
Jeudi 15 mai à 20 heures 30
Projection-débat – TOTAL Denial
Lieu : Cinéma Le Lucernaire, 53 rue Notre Dame des Champs, Paris 6ème
Entrée : 5 Euros
Le documentaire TOTAL Denial revient sur la présence du groupe TOTAL en Birmanie et les multiples violations des droits de l’homme qui ont été commises dans la zone du gazoduc. Plusieurs familles birmanes, aidées par un défenseur des Droits de l’Homme, ont décidées de tenir tête à la multinationale en portant leur cas devant la justice. Ce documentaire reçut le prix des Droits de l’Homme Vaclav Havel.
La projection sera suivie d’un débat en présence des moines Ashin Sopaka, Ashin Wi Thu Da et U Kumara, ainsi que d’Isabelle Dubuis, Coordinatrice d’Info Birmanie, de la réalisatrice du documentaire Milena Kaneva, et de Francis Christophe, journaliste.
Vendredi 16 mai à 20 heures
Rencontre-débat – « Engagement religieux et résistance politique : la Révolution safran est-elle finie? »
Lieu : Eglise St Marcel – 82, boulevard de l'hôpital, Paris 13ème
Entrée libre
Table ronde avec les moines Ashin Sopaka, Ashin Wi Thu Da et U Kumara, et avec Isabelle Dubuis, Coordinatricle d’Info Birmanie, Père Thierry Marie Courau, Professeur à la Catho, et Mme Khin Zinn Minn, réfugiée politique en France.
Source et informations complémentaires sur : http://www.info-birmanie.org/
Revue et extraits de presse du 13 Mai
La junte refuse toujours de laisser entrer les humanitaires (Le Point, 13 mai)
"Jusqu'à présent, la nation n'a pas besoin de travailleurs humanitaires spécialisés", a tranché le vice-amiral Soe Thein, haut responsable militaire cité par le journal gouvernemental New Light of Myanmar .
Une idée de l’ampleur de l’aide nécessaire (Le Point, suite)
"Pour nourrir 750.000 personnes pendant trois mois il faudra 55.000 tonnes de riz, dont la moitié devra être importée", a expliqué la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (OCHA), Elisabeth Byrs. "Le Programme alimentaire mondial (PAM) n'a pu acheminer sur place que 361 tonnes de denrées alimentaires, et n'en a distribué que 175 tonnes" et "l'aide des agences de l'Onu et des ONG n'a pu atteindre pour le moment que 270.000 personnes" , a-t-elle précisé.
La colère monte (France Info, 13 mai)
Selon un analyste birman réfugié en Thaïlande, des troubles similaires à ceux intervenus en septembre dernier après l’augmentation massive des prix des carburants, pourraient de nouveau éclater. "La colère est plus forte que leur peur maintenant", assure-t-il.
Une aide bridée (AFP, 13 mai)
Mais des travailleurs humanitaires étrangers sur le terrain disent être confrontés, selon Médecins sans Frontières, "à de plus en plus de contraintes des autorités" qui multiplient les contrôles.
Des avions américains bloqués (le JDD, 13 mai)
Après avoir autorisé trois avions américains à se poser sur le sol birman, la junte militaire au pouvoir dans le pays s'est opposée mardi à l'acheminement d'aide humanitaire américaine par hélicoptères ou bateaux à destination directe des victimes du cyclone Nargis, a fait savoir mardi le Pentagone.
L'ONU presse la junte de s'ouvrir à l'aide internationale (Canadian Press, 13 mai)
L'Organisation des Nations Unies presse la junte birmane d'ouvrir ses frontières pour que l'aide internationale parvienne sans entrave aux deux millions de victimes, maintenant menacées par les maladies et la famine
L'Union Européenne demande un accès sans entrave, et en appelle à la responsabilité de protéger (Euronews, 13 mai)
Des militaires birmans omniprésents sur le terrain de l'aide humanitaire: la communauté internationale et l'Union européenne n'en veulent plus. A Bruxelles, les ministres du développement des 27 ont convenu ce mardi de faire pression sur la junte pour qu'elle ouvre ses portes aux secours extérieurs. Pour l'heure aucune ligne n'a été arrêtée. Mais au nom de la responsabilité de protéger, Paris, Londres et Berlin veulent se passer de l'accord de Rangoun. Une stratégie à laquelle Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne semble adhérer."Nous devons utiliser tous les moyens pour aider cette population. La charte des Nations unies ouvre certaines voies si les choses ne peuvent pas être résolues pour amener l'aide humanitaire dans un pays victime d'une catastrophe."
Le régime revend l'aide humanitaire (DVB, 13 mai, traduction de Sophie)
“Les camions militaries sont venus au marché de Nyaungpinlay (Rangoon) pour vendre des paquets de nouilles instantannées “Mama”, mais personne ne les a achetés »
« A Bogalay, vous pouvez acheter autant d’imperméables données par l’ONU que vous voulez… 8 000 kyat la paire. »
Des restrictions croissantes imposées aux ONGs (Mizzima News, 13 mai, traduction de Sophie)
Une source proche des militaries a indiqué à Mizzima : “Thein Sein a declaré hier qu’aucun étranger ne sera autorisé à aller dans le delta. »
Des rescapés avec de profonds traumatismes (The Irrawaddy, 13 mai, traduction de Sophie)
« Ils souffrent de maladie mentale. Tout autour d’eux se trouvent des cadavres et des gens blessés. C’est un environnement misérable »
Un navire de guerre anglais (The Irrawaddy, 13 mai, traduction de Sophie)
Une frégate de la Royal Navy Britannique a reçu l’ordre de se tenir près de la Birmanie avec l’aide de secours pour les survivants du cyclone Nargis. Le HMS Westminster de 4 900 tonnes rejoindra les navires de guerre Français et Américains attendant dans les eaux internationales à proximité des côtes Birmanes, prêts à apporter les fournitures d’aide humanitaire dans le delta de l’Irrawaddy s’ils en reçoivent les instructions de l’ONU ou s’ils en sont invités par le régime Birman…
(…) L’expédition de la frégate Britannique a été annoncée par le Premier Ministre Gordon Brown, qui a déclaré que l’échec du régime Birman à envoyer un secours adéquate aux victimes du cyclone était « totalement inacceptable »
Brown a déclaré : “Nous estimons maintenant que 2 millions de personnes risquent la famine ou la maladie à cause du manque de coopération des autorités Birmanes. »
Et pour finir… Sen. Gén. Than Shwe n'est pas joignable (source The Irrawaddy 13 mai)
Tous les efforts déployés par Monsieur Ban Ki-Moon pour joindre le numéro 1 du régime ont échoué, que ce soit par téléphone, ou par courrier diplomatique. Il y aurait des « difficultés techniques », selon les officiels du régime.
Birmanie, combien de temps encore ?
Combien de temps encore devront-ils subir l'incompétence,
l'aveuglement, l'avidité, la folie de leurs bourreaux ?
Ô, âmes sensibles, abstenez vous de regarder cette vidéo.
La souffrance du peuple Birman fait sûrement mourir les anges
d'une insoutenable peine.
Une chaîne de solidarité triangulaire entre Rangoun, Paris et Bangkok
Le Petit Journal - 12 Mai - Bangkok : Alors que l’aide aux victimes birmanes du cyclone Nargis peine à atteindre les bénéficiaires, un Français résident à Rangoun a pris les devants avec les moyens du bord et quelques amis. Depuis Paris, un blog relaye son action et récolte des fonds tandis qu’à Bangkok un collectif s’organise pour acheminer matériel et produits de première nécessité.

Hervé Fléjo et Zaw In Thut (star locale du Rock)
apportaient vendredi des sacs de riz pour première urgence
par leurs propres moyens (Photo Hervé Fléjo).
"Les actions humanitaires sont face à un bloc. Seule une action directe orchestrée par des Birmans sur place peut être utile à ce jour", résume Murielle Blanc qui anime depuis la semaine dernière le blog http://aidebirmanie.blogspot.com/. Le site Internet, en ligne depuis jeudi dernier, soutien l’initiative de Hervé Fléjo, un Français résident à Rangoun qui vient en aide aux victimes du cyclone Nargis qui s’est abattu le 3 mai sur le sud de la Birmanie. Le bilan de la catastrophe fait pour le moment état de plus de 60.000 victimes et de plusieurs centaines de milliers de sans abris.
Rangoun, Bangkok, Paris, une organisation de l'aide triangulaire
Face à l’étendue de la catastrophe et aux besoins urgents de la population, Hervé Fléjo, professionnel du tourisme résident à Rangoun depuis plus de quinze ans, a su mobiliser en quelques jours, via Internet et des amis, une chaîne de solidarité triangulaire entre Rangoun, Paris et Bangkok, qui ne cesse de croître.
Depuis Paris, le blog de Murielle Blanc relaye son action et récolte des fonds via une association caritative déjà existante (voir notre encadré), tandis qu’à Bangkok, un collectif s’organise autour d’un ami proche d’Hervé Fléjo, Olivier Gaiemet, pour collecter et acheminer du matériel et des produits de première nécessité (voir notre encadré). Leur objectif : apporter une action immédiate, directe et efficace qui ne tombe pas dans de mauvaises mains.
Sur place, Hervé Fléjo œuvre avec le chanteur Zaw Win Thut, (le Johnny Hallyday local), qu’il présente comme la clé de son dispositif pour atteindre les bénéficiaires. "Mon action est rendue plus facile notamment grâce à Zaw Win Thut [car] lui, il peut accéder partout et donner en direct aux gens dans les villages, à 3 heures de routes de Yangon (Rangoun)", dit-il sur le blog. Les deux hommes sont épaulés par une quinzaine de personnes, parmi lesquelles des collègues et amis birmans, ainsi qu’un employé de l’Alliance Française et un agent de la société Total qui aide pour la logistique. Nous n’avons pu joindre directement Hervé Fléjo, mais Olivier Gaiemet nous a donné de ses nouvelles hier depuis Bangkok. "Chaque jour, ils assurent un trajet en camion pour apporter des produits de première nécessité dans la banlieue de Rangoun, là ou les besoins sont les plus urgents, nous a-t-il expliqué par téléphone. Ils œuvrent sur un rayon de 50 à 100 kilomètres autour de Rangoun. Pour s’assurer que rien ne passe par de mauvaises mains, ils s’appuient sur des relais locaux de confiance".
Sur le blog, de nombreux messages d’encouragement venant d’amis, d’anonymes mais également de célébrités ont déjà été adressés à Hervé et son équipe qui entendent aider un millier de personnes dans les dix prochaines semaines. "Il faut faire vite car la météo s’annonce très mauvaise", prévient Hervé Fléjo dans un message posté hier sur le blog.
Récolte de fonds en ligne depuis Paris
Depuis Paris, Murielle Blanc anime et modère le blog qu’elle a créé à la demande d’Hervé Fléjo. "[Pour venir en aide aux victimes], Hervé a puisé dans ses ressources, cela reste insuffisant, nous a-t-elle expliqué vendredi par e-mail. Il nous a lancé un SOS par mail pour collecter des fonds. Je lui ai proposé de relayer son action via un blog. Je l'ai fait dans la nuit de mercredi à jeudi (8 mai)". Cette jeune consultante commerciale multicarte versée dans l’Internet, s’est donnée pour mission de sensibiliser et collecter des fonds en se faisant "l’un des porte-voix d'Hervé". " [Il faut] mobiliser, faire du bruit, dit-elle, car dans 10 jours l'actu sera passée à autre chose et là, ce sera encore plus vital de faire vivre l'action d'Hervé". Plusieurs dizaines de personnes ont déjà contacté Murielle Blanc, et cela va croissant selon elle. Le lendemain de la mise en ligne du blog, la jeune femme affirmait avoir déjà reçu une cinquantaine de messages de soutien et de dons dans la seule matinée. Les dons sont versés à une association française, Isha Tanaka, créée en 2005 pour venir en aide aux enfants d'Inde et de Birmanie, et présidée par une amie d'Hervé Fléjo, Corinne Kortchinsky. "Les dons transitent sur un compte basé en France, puis ils sont acheminés à Hervé qui est le gestionnaire final des ressources, explique Murielle Blanc. De son côté Hervé liste tous ses achats, collecte les factures, nous rend des comptes, etc". Murielle Blanc, qui a pris contact vendredi avec la direction des impôts et le ministère de l'Intérieur, affirme que le collectif devrait pouvoir produire rapidement des reçus fiscaux. Attention, les amis d’Hervé et Thuzar préviennent : pas de politique sur le blog. "Il ne faut pas mettre Hervé et sa famille en danger. Il faut lui laisser de l'air pour agir efficacement", conclut Murielle Blanc. Pour écrire directement à Murielle Blanc bmurielle@gmail.com ou http://aidebirmanie.blogspot.com/ (LPJ 12/05)
Collecte de vivres et d’équipement à Bangkok
A Bangkok, Olivier Gaiemet, cadre pour la société RM Asia, se charge avec une dizaine de personnes d’organiser la récolte et l’acheminement d’équipement et de produits de première nécessité. Il va stocker dans un premier temps les marchandises dans sa propre maison mais envisage de trouver un endroit plus adéquat d’ici deux semaines. "Il nous faut leur apporter d’urgence du riz, des nouilles, des médicaments, des tablettes de purification d’eau, des bâches plastiques pour couvrir les toits, des bougies, des allumettes et des briquets", estime Olivier Gaiemet. "Par ailleurs, poursuit-il, le meilleur moyen pour accéder à certains endroits reste le bateau, mais il semblerait que les trois quarts des bateaux dans la zone aient coulé. (…)Nous nous sommes d’ores et déjà procurés 6 zodiacs équipés de moteurs et nous espérons les acheminer en Birmanie dans la semaine, annonce le Français, un professionnel de l’assemblage de véhicules d’assistance". Pour assurer le transport de l’aide, le collectif travaille à nouer des partenariats avec des institutions présentes en Birmanie. Ils ont déjà obtenu de la part des compagnies aériennes Bagan Airlines et Air Asia, le transport gratuit de 2 à 3 mètres cubes de fret sur leurs vols commerciaux quotidiens. "La question reste de savoir si Hervé va pouvoir récupérer la marchandise", s’inquiète Olivier Gaiemet. "Dans les jours qui viennent, une ONG partenaire va essayer de faire passer un chargement de nourriture et d’équipement : si ça passe, nous tenterons le coup. On se veut néanmoins confiant car les autorités birmanes donnent l’impression de s’assouplir", affirme-t-il. Quoiqu’il en soit, le collectif d’Olivier Gaiemet est en discussion avec d’autres organisations qui pourraient leur offrir d’assurer le transport de marchandises dans leur propre convoi. (LPJ 12/05)
Pour tout contact à Bangkok ou pour envoyer vos dons de produits de première nécessité:
Olivier et Panida Gaiemet
City Plus ( house no C3 ) no 58/7
Sukhumvit 63, Ekamai Soi 10, Yeak 4
Prakanong – Wattana
Bangkok 10110 – Thailand
Tel/fax : (66) 2 714 35 33 / 34
Panida hp : (66) (0)81 804 58 28
Olivier hp : (66) (0)8 1 916 31 54
Email:Olivier@rmasia.net
Vu sur : http://birmanieactualite.blogspot.com/
lundi 12 mai 2008
Nouveau blog de la communauté Birmane de France
La communauté Birmane de France vient de créer son blog :
http://www.communautebirmanedefrance.blogspot.com/
dimanche 11 mai 2008
Un reportage de CBS en provenance du delta de l'Irrawaddy
Attention, certaines scènes peuvent choquer
Des camps de survivants gardés comme des prisons
Mizzima News – 11 Mai 2008, 18h00 : Le correspondant de Mizzima est de retour de Pathein, capitale de la division de l’Irrawaddy, une semaine après que le cyclone Nargis ait frappé la Birmanie. En tant qu’étranger, il s’est vu refuser l’accès aux zones les plus durement touchées par le cyclone. Mais il a vu des centaines de victimes, dont de nombreux orphelins, et écouté leurs histoires.
L’armée birmane et les autorités gardent les survivants dans des camps d’évacuation qui sont gardés comme des prisons.
A Myaungmya, près de la ville totalement détruite de Laputta, le gouvernement a converti les 6 écoles secondaires gouvernementales en abris, chacune hébergeant environ 600 survivants. Nul n’est autorisé à pénétrer dans ces écoles, et aucun survivant n’a le droit d’en sortir, même pour aller chercher des membres de sa famille disparus.
Seulement ceux qui peuvent prouver un intérêt légitime à voir les « détenus » sont autorisés à vérifier la liste des habitants. Alors le survivant, qui doit porter un numéro à tout moment, sera autorisé à parler au visiteur dans un espace séparé.
Le survivant n’est pas autorisé à sortir. Il ou elle doit retourner dans les communs surpeuplés. Les donations ne peuvent pas être faites directement aux victimes mais doivent être données aux autorités du camp.
Les villages des alentours sont obligés de soutenir les survivants par des donations « volontaires » : eau, riz, sel, vêtements, couvertures, etc.
Sur le chemin de Laputta, les donateurs privés et les NGO sont contraints par les soldats à remettre plus de la moitié des sacs de riz ou des autres biens destinés aux survivants. Il n’est pas étonnant que les généraux ne veuillent pas d’étrangers dans la zone sinistrée.
Eglises Chrétiennes et moines Bouddhistes sont découragés par les autorités d’aider les survivants et de leur fournir un abri. Certaines églises Chrétiennes ont de façon privée organisé des bateaux vers les villages détruits et inondés dans la région reculée du sud du delta.
Le gouvernement dit aux équipes de secours que les survivants « sont violents et deviennent fous ».
Sur la route de Rangoon au delta, couvrant 120 miles, seulement un “convoi” de l’armée a pu être vu. Il se composait de 3 camions à moitié charges et d’un camion citerne d’essence. Quelques 10 camions privés avec des donations « forcées » dirigés vers Laputta.
A Rangoon, les autorités locales publient chaque jour les noms des villages détruits et inondés ainsi que le nombre de victimes et de survivants. Chaque personne lisant ces listes est empli d’horreur. Les autorités ne listent que les villages avec une population Birmane prédominante. Les villages Catholiques, Baptistes, Musulmans, et Karen ne sont pas mentionnés et n’ont donc pas droit à l’aide de l’état.
Voir l’article original : Mizzima News, traduction de l’anglais par Sophie
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